Chapitre 1 : Un sourire de toi
2165, 13 février, dans un laboratoire, des expériences des plus atroces y sont réalisées sur les animaux. Des expériences ratées sont exécutées violemment dans les locaux. Un jour, des scientifiques font enlever des enfants orphelins vivant clandestinement dans une maison abandonnée, écartée de la population.
« Qu'est-ce qui se passe ? J'ai peur ! balbutia une petite fille.
- N'est pas peur, je suis là, il ne peut rien t'arriver. » affirma un garçon plus âgé.
Des hommes coururent dans toute la maison à la recherche des enfants. La trentaine d'enfants se réfugia dans le grenier. Ils refermèrent la porte derrière eux. Tous se cachèrent par peur d'être repéré. Un jeune garçon prit la parole :
« Et maintenant, on fait quoi ? Ils vont finir par nous trouver si on reste ici.
- Il a raison, déclara une fille, mais comment allons-nous sortir ? Ils sont partout !
- Je vais vous faire sortir de cet enfer, ajouta un des garçons les plus âgés, je passe devant, vous fuirez ensuite.
- T'es fou ?! Tu te feras prendre avant même d'avoir pu nous sauver ! répliqua un autre garçon. Ne tente pas l'impossible !
- Je ne tente pas l'impossible, dit-il en souriant, je tente la chance.
- Grand-frère, n'y vas pas ! Reste avec moi ! gémit une petite fille.
- Arice, je reviendrai, je t'en fait la promesse. »
Il sortit discrètement du grenier, son but étant d'arriver jusqu'à la sortie puis attirer les hommes à l'extérieur. Tous écoutèrent le moindre bruit qu'il pourrait y avoir à l'étage du dessous. C'est alors qu'on entendit les hommes hurler :
« HÉ ! TOI LÀ ! TU CROIS POUVOIR T'EN TIRER COMME ÇA ?!
- Oh non ! paniqua un garçon, il s'est fait repérer trop tôt ! »
Et là, un bruit assourdissant s'est fait entendre : un coup de feu les fit tressaillir.
« GRAND FRÈRE !!! »
Le cri de Arice fut entendu par les hommes qui entamèrent leur ascension dans l'escalier principal. Les enfants se mirent à crier :
« Ils vont nous tuer comme ils ont tué Yukito ! cria une fille.
- C'est faux ! protesta Arice, IL EST PAS MORT !
- Si, il est mort ! T'as pas entendu le coup de feu ? Il est mort et tu ne le reverras plus jamais. JAMAIS !
- Arrête ! T'es méchante de me dire ça ! gémit Arice puis se mit à pleurer.
- JAMAIS ! JAMAIS ! JA-MAIS !
- Mais arrêtez vous deux ! Sheena, laisse-la tranquille ! C'est assez dur pour elle ! » cria le garçon qui était toujours avec la fille qu'il protégeait.
Les hommes continuèrent leur ascension dans les escaliers. Les deux jeunes enfants se serraient mutuellement avec un regard plein d'effroi. La fille se tourna vers le garçon. Elle avait peur et s'efforça à cacher sa peur derrière son regard attendri. Elle lui dit :
« Hiro ? Tu veux bien me faire une promesse ?
- Comment ça ? demanda Hiro.
- Si nous sommes séparés, tu me promets de ne pas m'oublier ?
- Qu'est-ce que tu racontes ! Je ne t'abandonnerai pas quoi qu'il arrive !
- C'est très gentil, mais nous serons peut-être assassinés de toute façon... murmura-t-elle.
- Ne dis pas des choses comme ça ! On s'en sortira ! »
Les hommes arrivèrent devant la porte du grenier qu'ils forcèrent. Les enfants tentèrent alors de s'enfuir par le toit quand soudain, ils finirent par exploser la porte. Ils se précipitèrent sur les enfants qui se débattaient de toutes leurs forces pour leur échapper. Hiro et la fille s'étaient cachés derrière un paravent. La fille se mit à pleurer et à trembler dans les bras de Hiro qui assistait à cette scène d'horreur ; des corps gisait sur le sol, le sang coulait sur les lames du planché et traversait les trous creusés par les termites, les cris de peur se mêlaient aux cris de douleur. Hiro lui murmura :
« Ne regarde pas...
- ... Hiro... dit-elle avec difficulté.
- Ne pleures pas, j'aimerai te voir sourire une dernière fois, toi qui pense que notre fin arrive, dit-il en essayant de sourire.
- Je... vais faire de mon mieux. » dit-elle en suffoquant et en séchant ses larmes.
Une ombre surgit et jeta le paravent. Il attrapa la fille, Hiro se leva en criant :
« Lâchez-la ! Pourquoi voulez-vous nous séparer ? Et pourquoi tous ces morts ?!
- Hiro ! Derrière toi ! » cria la fille.
Un autre homme surgit et l'assomma avec son arme. Hiro tomba et gémit :
« U... Uriko... »
Elle se retourna vers lui puis elle lui fit un magnifique sourire et ajouta :
« Adieu, Hiro.
- Non, Uriko... URIKOOOOO !!! »
Chapitre 2 : “E.I”, l'Expérience Interdite
Les hommes de main avaient tué beaucoup d'enfants mais pas tous. Les scientifiques avaient besoin de plusieurs enfants. Le directeur-scientifique avait déjà tout prévu à l'avance, l'enlèvement s'est déroulé comme il l'avait orchestré. De tous les orphelins, il en restait 14/32. Il fit mettre les enfants dans des soupapes translucides individuelles remplies d'un liquide pour garder leurs corps en bon état. Il admira ses « spécimens » tel un enfant devant la vitrine d'un magasin de jouets et se mit à ricaner. Un autre scientifique s'approcha de lui et lui dit :
« M.Maera ? J'ai à vous parler au sujet de...
- M.Ryuuta... c'est bien cela ? Vous venez sûrement parler au nom de la loi concernant tout scientifique digne de ce nom, hum ? Je me trompe ? demanda M.Maera.
- C'est exactement ça, répondit-il d'un ton grave.
- On en a déjà parlé et je ne reviendrai pas là dessus.
- Mais vous rendez-vous compte de ce que vous voulez faire ?! Il s'agit d'une...
- “E.I” ? »
M.Ryuuta resta sans voix en voyant la réaction de M.Maera, de la sueur coulait sur son front. M.Maera reprit :
« Je me fiche de la loi, j'irai jusqu'au bout de mon ambition et personne ne m'en empêchera.
- Si, moi ! déclara M.Ryuuta. Et je suis là, pour vous arrêter !
- Pauvre idiot... »
Et à ce moment-là, un homme pointa son arme sur M.Ryuuta et tira. Il fut touché à l'épaule et cria de douleur puis tomba à terre. Le sang s'imprégna peu à peu dans sa blouse blanche. Il releva la tête en s'exclamant :
« Ce n'est pas en me blessant par balle que vous me stopperez... »
À ces mots, l'homme de main reprit son arme, s'apprêta à tirer quand M.Maera l'en empêcha. Ne comprenant pas sa façon de réagir, il écouta M.Maera :
« Non, j'ai encore besoin de son savoir pour la suite. Enferme le plutôt dans une des anciennes cellules des expériences ratées.
- Entendu ! » approuva l'homme de main.
Il emmena M.Ryuuta et le jeta comme prévu dans l'une des cellules vides. Il hurla :
« Si vous n'arrêtez pas M.Maera, il fera du mal aux enfants ! »
L'homme de main se retourna en lui répondant froidement :
« Il m'a engagé comme garde du corps donc il est hors de question de m'interposer dans son projet.
- Savez-vous au moins pourquoi il vous a demandé d'enlever ces enfants ? Savez-vous qu'est-ce qu'il a l'intention de faire ? Vous ignorez ce qu'il manigance.
- Peu importe. Du moment qu'il s'en tient au contrat, il peut faire ce qu'il veut.
Le garde s'en alla sans refermer la porte. M.Ryuuta s'abandonna à son triste sort : écouter ce qui se passait dans le laboratoire de M.Maera. Il observa cet homme maigre, brun avec une petite queue de cheval et de grandes lunettes rondes qui reflétaient son intelligence et un rire mesquin qu'il sortait à chaque fois qu'il avait une idée en tête, ce ricanement insupportable qui donne un mauvais pressentiment, l'envie de savoir qu'est-ce qu'il a derrière la tête. Justement, au même moment, il se mit à rire. M.Ryuuta écouta attentivement, M.Maera dit :
« HYA HA HA ! Demain sera un grand jour ! Vous deviendrez mes esclaves, esclaves de ma volonté ! HYA HA HA ! »
M.Ryuuta se sentit mal à l'aise en entendant ce discours incompréhensible. Il préféra s'allonger puis la fatigue l'emporta.
Le lendemain, M.Ryuuta se réveilla brutalement par le grincement de la porte de la cellule. Le garde lui dit froidement en le regardant fixement :
« C'est l'heure...
- L'heure de quoi ? » dit-il en fronçant les sourcils.
Le garde l'escorta jusqu'à la salle principale. Arrivés, le garde bouscula M.Ryuuta qui manqua de trébucher juste pour le faire entrer. M.Ryuuta se retourna vers lui, en fronçant les sourcils de nouveau. De dos, admirant ses « spécimens », M.Maera lui dit :
« Bienvenue dans mon laboratoire, là où tout va se jouer... »
Il se mit à ricaner discrètement. M.Ryuuta regarda devant lui et vit les soupapes contenant les enfants. M.Ryuuta demanda :
« Qu'allez-vous faire d'eux ?
- Je ne vous l'avais pas dit ? Ce n'est pas grave, vous allez quand même me servir. Et puis de toute façon, si vous le saviez, vous vous y opposerez.
- Je suis déjà contre, M.Maera, déclara-t-il, vous pouvez me le dire.*
- Ce sera une surprise... » dit-il en souriant.
Il se rapprocha des soupapes et ordonna à un autre scientifique :
« Conduis-les jusque dans la chambre blindée. Ensuite, envois les expériences n°51, 34, 27, 16, 57, 35, 84, 26, 78, 66, 14, 49, 94 et 87. On va les assimiler comme on avais prévu.
- Quoi ?! Vous voulez assimiler des enfants à des animaux ?! Vous êtes devenus fou ?!
- Comment te dire, je suis devenu... un savant fou ! HYA HA HA !
- C'est bien ce que je disais, vous aviez bien l'intention de faire une “E.I” ! de plus, c'est l'expérience interdite suprême : se servir d'êtres humains !
- Et alors ? Je ne vous ai jamais avoué mes desseins et vous avez accepté naïvement de m'aider dans mes recherches sans même savoir ce que je préparais. Vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous-même !
M.Ryuuta se résigna. Il comprit son erreur. S'il n'avait pas accepté de se joindre à lui, il ne serait pas dans cette situation sans issue. Il baissa la tête. M.Maera ajouta :
« À présent, commençons l'assimilation.
- Bien... » répondit M.Ryuuta d'un ton résolu.
Les autres scientifiques entraînèrent les soupapes dans la chambre blindée prévue pour l'expérience. Arrivés dans la pièce, ils ouvrèrent les soupapes et posèrent les enfants, inconscients, à terre. Ensuite, ils firent entrer les spécimens, des animaux en grande partie sauvages. Ceux-ci étant calmes après avoir reçu une dose de tranquillisant. M.Maera ordonna à son assistant :
« Actionnez les rayons X.
- Oui, professeur. » répondit son assistant.
À travers la fenêtre d'observation, M.Maera et ses assistants admiraient leur travail tandis que M.Ryuuta redoutait de plus en plus ce qui arrivait. C'est alors que les spécimens retrouvent leurs esprits. M.Ryuuta hurla :
« Les rayons X ont annulé le tranquillisant ! Ils vont s'en prendre aux enfants !
- Ne vous inquiétez pas pour eux, M.Ryuuta, annonça M.Maera. Ils n'auront pas le temps de les dévorer...
- Qu'est-ce que vous voulez dire ? demanda M.Ryuuta.
- ... Parce que l'assimilation commence... Maintenant ! »
Il mit toute sa force dans son poing pour actionner un interrupteur. Après ça, la chambre s'illumina d'une lumière blanche. Si blanche, qu'elle aveugla tout le monde à part M.Maera qui resta fasciné devant la fenêtre d'observation puis il dit avec un grand sourire :
« J'ai réussi. Mon plus grand rêve s'est réalisé : Créer une race supérieure, moitié humaine, moitié animale. Avec eux, je serai invincible ! HYA HA HA ! »
La lumière s'estompa peu à peu. Tous entrèrent dans la pièce pour voir le changement. Les animaux n'étaient plus là mais les enfants étaient toujours inconscients. M.Ryuuta demanda à M.Maera :
« Alors ? Votre expérience aurait-elle fonctionnée ?
- Pour tout vous dire, je ne sais pas. Je ne vois aucune différence chez ces enfants. Peut-être ai-je échoué ? Il n'y a qu'un moyen de le savoir : Attendre qu'ils se réveillent. »
Ils se mirent tous à attendre dans la pièce à côté tout en discutant devant une tasse de café. M.Ryuuta demanda à M.Maera :
« Vous m'avez dit hier que vous aviez encore besoin de moi pourtant vous ne m'avez pas demandé d'aide durant l'expérience. Alors pourquoi vouliez-vous que je reste pour l'expérience ?
- En fait, je voulais juste que vous assistiez à l'expérience pour voir le fruit de nos recherches à tous les deux. Je n'aurai jamais réussi si ne m'aviez pas aidé.
- C'est vrai, je vous remercie malgré le fait que vous travailliez sur l'Expérience Interdite suprême. » répondit M.Ryuuta.
Un peu plus tard, de légers gémissements se firent entendre. M.Maera se leva brusquement en cognant la table et renversa son café qui était posé dessus. Il dit :
« Ils sont réveillés ! Vite ! »
Tous se levèrent et coururent jusqu'à arriver devant la pièce où se trouvaient les enfants. M.Maera était à la porte regardant un peu inquiet. Les gémissements venaient d'une fille de 9 ans qui semblait faire un mauvais rêve, de la sueur coulait sur son visage tordu de douleur. Elle avait de la fièvre et ses joues étaient rouges. M.Maera s'approcha lentement, M.Ryuuta le regarda avancer en criant :
« Non ! N'y allez pas ! C'est peut-être dangereux ! »
Il n'écoutait pas et s'agenouilla devant la fille en disant :
« N'ais pas peur, je suis là. Tout va bien.
- ... Pa...pa..., murmura-t-elle.
- C'est ça, approche ! »
Il prit la fille dans les bras et la serra très fort contre lui. La fille se laissa faire, ferma doucement les yeux et murmura de nouveau :
« Papa... »
C'est alors qu'elle rouvra les yeux. Ses yeux devinrent jaunes, ses pupilles se refermèrent tel des lames. C'est alors que des griffes énormes poussèrent à toute vitesse et transpercèrent M.Maera qui poussa un cri. M.Ryuuta cria :
« M.MAERA !!!!! »
La fille s'était transformée en panthère. Le cri de M.Ryuuta réveilla tous les autres enfants qui se transformèrent à leur tour : Loup, chauve-souris, lapin, tigre, léopard, taupe tueuse, ours, caméléon, lion, renard, hérisson, scarabée. Les scientifiques prirent peur et partirent en courant. M.Ryuuta ne se fit pas attaquer au passage des bêtes fauves. Il alla voir M.Maera qui était à terre à cause de la blessure que lui avait infligée la panthère. M.Ryuuta se pencha vers lui :
« Vous allez bien ?
- Je n'arrive pas à croire que cette créature se soit retournée contre son maître.
- Peut-être que c'est la panthère qui a pris le dessus sur elle...
- Enfin. L'important, c'est que l'expérience a fonctionnée... »
C'est alors qu'une voix l'interrompit, un scientifique qui faisait passer un message par haut-parleur :
« Les spécimens se dirigent vers l'aile Nord ! Que tout le personnel s'y rende afin de les arrêter !
- Mais c'est la sortie ! dit-il d'un air étonné. Mes spécimens tentent de s'échapper ! »
Du côté des créatures hybrides, ils ravagèrent tout sur leur passage : Les canidés ouvraient la marche, les fauves attaquaient les hommes qui essayaient de les arrêter tandis que les autres bêtes fuyaient protégés par les canidés. Le personnel était comme prévu devant la sortie, ils avaient peur mais tenaient bon. Les bêtes stoppèrent leur course en les voyant. Les enfants reprirent un peu le dessus, ils ne voulaient pas leur faire de mal. Alors, au lieu de les attaquer, ils foncèrent sur eux ce qui les fit s'écarter et purent sortir en s'éloignant dans la forêt qui les entourait.
De retour du côté de M.Maera et de M.Ryuuta. M.Maera se sentit désemparé en entendant le haut-parleur : Ses spécimens ont réussi à s'échapper malgré l'intervention du personnel. Il dit :
« Mon projet est finalement tombé à l'eau... Mes spécimens... envolés !
- Professeur... Que vouliez-vous faire en assimilant des êtres complètement différents ?
- Je voulais... Montrer au monde entier... Que je suis capable de créer une race meilleure que l'être humain. Mais maintenant, je n'ai plus de spécimens à montrer pour la conférence qui aura lieu dans deux jours... »
C'est alors qu'un bruit retentit dans la pièce à côté. Ils se précipitèrent pour voir la cause de ce bruit. Au grand étonnement des deux scientifiques, il restait un spécimen, mais il était différent des autres. C'était une fille dont l'espèce animale avec laquelle elle était croisée n'était pas définie mais on devinait facilement qu'il s'agissait d'un félin. Seulement, son côté humain ressortait énormément comparé aux autres enfants qui avait totalement l'apparence d'un animal. M.Ryuuta demanda, très surpris :
« Comment ce fait-il qu'elle est comme ça ?
- Je ne sais pas. Peut-être qu'il y a eu un problème lors de l'assimilation. Un mélange des différents félins que j'ai fait assimiler. Elle a un peu d'ADN de chaque félins présents dans l'expérience. En tout cas, c'est ce que j'en déduis, répondit M.Maera.
- Qu'allons-nous faire d'elle ? demanda-t-il de nouveau.
- Je vous en pris, ne me faites pas de mal ! »
Ils se tournèrent vers la jeune hybride qui avait encore la capacité de parler. M.Maera répondit en s'installant en face d'elle :
« Ne t'en fait pas, je vais simplement te conduire demain à la conférence où te fera subir d'autres opérations et...
- NON !! »
Prise de panique, elle tenta de le repousser en oubliant qu'elle s'était transformée. Le coup qu'elle lui a donné lui a traversé sa poitrine. En voyant ses pattes le traverser, elle les retira. M.Maera tomba à terre, M.Ryuuta courut le voir en lui disant :
« M.Maera ! M.Maera ! »
Il ouvra lentement les yeux vers M.Ryuuta en déclarant avec difficulté :
« Je suis content de mourir après être certain que mon expérience ait réussi...
- Pourquoi dites-vous cela ? demanda M.Ryuuta.
- N'oubliez pas que ce que nous avons fait est une « E.I », répondit M.Maera avec un sourire en coin.
- Qu'est-ce que vous voulez me faire comprendre ? »
Il se mit à rire intensément, si intense qu'il se mit à tousser. Il ajouta par la suite :
« Vous avez été mon bras droit durant l'expérience donc si je meurs, c'est à vous d'en assumer la responsabilité, c'est par vengeance que je t'ai pris comme fidèle assistant ! HYA HA HA !
- Quoi ?! Quelle vengeance ?
- Ne fais pas l'innocent ! Ton nom n'est pas Ryuuta mais Ryuuka ! Mika Ryuuka, le fils de celui qui m'a trahi et qui est mort au moment où on avait le plus besoin de lui ! Maintenant qu'il n'est plus, je voulais faire souffrir son digne héritier pour faire peser le poids de sa trahison sur toi ! Que tu souffres à sa place ! HYA HA HA ! »
Il se mit à tousser de plus en plus fort, cracha beaucoup de sang, suffoqua puis... Plus rien. Il tomba raide mort dans les bras de Mika, qui regarda on visage avec effroi : Il souriait toujours malgré la mort qui l'enveloppait. Mika posa son cadavre et releva la tête vers la jeune fille dont les larmes coulèrent. Elle balbutia :
« Je suis si désolée... Je ne voulais pas le...
- Je comprends, ne pleure pas. C'est fini maintenant, tu es libre de t'enfuir. » répliqua-t-il d'un ton doux.
- Je suis toute seule, les autres sont déjà partis. dit-elle en séchant ses larmes.
- Dans ce cas, je te garderai avec moi jusqu'à ce qu'on les retrouve.
- Et vous ? Que va-t-il vous arriver ?
- Je ne peux plus rester ici, les forces de polices ne vont pas tarder à découvrir ce qui s'est passé et me chercheront pour me faire condamner. Tu es sûre de vouloir venir avec moi ?
- Oui. » dit-elle convaincu de son choix.
Ils s'en allèrent en courant vers la sortie qui laissait traverser une lumière blanche éblouissante et disparurent aussitôt dans la lumière.
Chapitre 3 : La force invisible
Plusieurs années ont passé depuis que les enfants ont été séparés. Que sont-ils devenus ? Ont-ils réussi à survivre ? Ce qui est certain, c'est qu'il y a au moins un survivant, plus précisément une survivante. Vivant avec Mika Ryuuta, elle est déjà âgée de 17 ans. Elle arrive à manier parfaitement sa capacité de transformation et canaliser sa colère en énergie pour se métamorphoser. Tous les deux n'ont fait que fuir durant ces années pour échapper à la police qui recherchait le responsable de l'expérience qui n'est autre que M.Ryuuta. Ils passaient beaucoup de temps à déménager et même de changer de pays et cette fois-ci, ils quittaient la Chine où la jeune fille a appris à se battre pour se défendre s'ils étaient attaqués par les criminels qui voudraient la revendre à la police. Un jour, ils apprirent que des combats de type tournoi rapportaient beaucoup si les combats divertissaient les gens. Entre autres, plus le combat est un régale pour les yeux des spectateurs, plus il rapporte au combattant qui divertit le public. La somme versée après chaque combat livré et gagné rapporte à l'origine 700$ mais il varie si le combattant a plu. Ces combats auront lieu au Japon, ils sont justement en route pour le Japon. En chemin, en voiture, la jeune fille rêvasse en regardant par la fenêtre. Mika la regarda par le retro et lui demanda :
« Qu'est-ce que tu as ?
- Le Japon... Et dire que ça fait des années qu'on a quitté ce pays... Mon pays natal... dit-elle entre trois soupirs.
- Oui... c'est vrai, moi, je suis parti pour sauver ma peau et toi, tu refusais de rester seule étant donné que tous les enfants avec qui tu vivais sont partis. »
N'écoutant plus Mika, la jeune fille continuait de regarder le paysage et, brusquement, murmura :
« ... Hiro...
- Hein ?... Uriko ?
- Euh non, rien ! Je n'ai rien dit ! »
Effectivement, la jeune hybride croisée fauve n'était autre que Uriko. Elle cherchait désespérément ses « frères et s½urs » qui s'étaient enfuis sans elle. Mais en ce moment, elle n'a plus qu'une idée en tête : Aider Mika à gagner de l'argent pour pouvoir se loger le plus longtemps possible ici en espérant les retrouver au Japon, là où tout a commencé. Ils arrivèrent au lieu d'inscription. Uriko s'approcha du secrétaire qui s'occupait des formulaires d'inscription et lui adressa la parole :
« Bonjour, c'est pour m'inscrire aux combats.
- Hein ? Une jeune femme qui veut se battre ? On aura tout vu ! Écoute, ma grande. Tu n'as aucune chance de t'en sortir à moins d'être sortie dans un brancard. Tu ferais mieux de rentrer chez toi.
- Justement, intervint Mika, c'est pour pouvoir s'acheter un logement dans cette ville qu'elle est ici.
- Alors ? ajouta Uriko. Vous m'accordez le droit de participer à cette compétition ?
- ... Vas-y, t'es inscrite. »
Elle poussa un cri de joie et entra dans l'établissement. Il avait une forme sphérique tout en métal, le soleil qui tapait dehors suffisait à réchauffer l'intérieur. Lorsque Mika et Uriko entrèrent, un homme les attendait au fond du couloir qui se partageait en deux. Il leur dit :
« Monsieur Ryuuta, veuillez prendre place dans les tribunes. Quant à vous, Mademoiselle Uriko, si vous voulez bien me suivre.
- À tout à l'heure ! dit-elle à Mika.
- Gagnes pour moi ! » dit-il en souriant.
Le guide ouvrit la porte du vestiaire et lui dit :
« Si vous voulez vous changer, c'est ici. Je reviendrai vous chercher pour les combats.
- Merci. » répondit-elle en hochant la tête.
Elle ouvrit son sac de sport qui contenait divers uniformes. Elle dit avec hésitation :
« Hum... Le noir, le bleu ou le vert ? Bon, allez, le bleu ! »
Elle sortit un ensemble bleu constitué d'un haut avec un symbole chinois dans le dos et de longues manches comme une véritable tenue traditionnelle, d'un short en cuir et des bottes marron. Elle s'habilla et attendit que le guide revienne la chercher. Justement, celui-ci vint à sa rencontre en lui disant :
« Venez regarder les premiers combats, ils vont débuter dans un instant.
- Je vous suis. »
Il l'accompagna jusqu'aux tribunes. Plus ils s'approchaient des tribunes, plus les hurlements des spectateurs devenaient intenses. Quand ils arrivèrent, un jeu de lumière commença à illuminer les tribunes puis, soudainement, les projecteurs se dirigèrent vers le ring. Pour animer un peu plus le spectacle, l'animatrice apparut comme par magie avec une sorte de tour de prestidigitation. Elle prit son micro et annonça avec un air de gamine :
« Bienvenue au plus grand spectacle de cette année ! Les combats les plus beaux et les plus riches en rebondissements vous attendent ! Alors... Que le spectacle commence ! »
Des flammes surgirent autour d'elle et disparut en même temps que les flammes. Uriko était fascinée en voyant cette mise en scène. Elle sursauta quand elle sentit une main lui tapoter l'épaule : C'était le guide. Il lui dit :
« Les combats vont commencer. Il faut aller sur le ring.
- Vous pouvez m'y conduire ?
- Bien sûr.
Ils s'éloignèrent des tribunes et rentrèrent de nouveau dans les couloirs pour passer ailleurs. Quand elle arriva sur le ring, elle put voir un grand nombre de personnes voulant participer aux combats. Elle s'approcha timidement et se mit en ligne comme eux. L'animatrice était là et regarda les participants puis se retourna vers le public en disant :
« Maintenant que tout le monde est là, le tirage au sort va pouvoir débuter ! »
Un écran géant descendit lentement du plafond puis s'alluma. Les photos des participants apparurent sur l'écran et des lignes apparurent l'instant d'après reliant une photo à une autre indiquant ainsi qui affrontera qui, puis, apparurent des chiffres au-dessus des photos indiquant l'ordre dans lequel les combats vont commencer. L'animatrice ajouta :
« Les dés sont jetés ! Le premier combat va commencer ! »
Uriko poussa un soupir de soulagement : Elle n'était pas la première à passer. Mais elle prit la peine de regarder sur l'écran quel serait son adversaire. Quand elle vit la photo, elle tourna lentement la tête sur sa gauche. Elle vit alors tout de suite son adversaire réagir de la même façon et fixa Uriko. Ils se regardèrent fixement avec un air froid comme si le message qu'ils voulaient faire passer à l'autre était « On se retrouvera sur la zone de combat ». Puis ils détournèrent du regard en s'éloignant l'un de l'autre. En attendant son tour, Uriko rejoignit Mika dans les tribunes pour regarder le premier match qui allait bientôt commencer. Tout d'un coup, le projecteur refaisait des siennes : L'animatrice réapparut. Puis elle annonça :
« Afin de mettre un peu d'ambiance pour nos combats, nous avons demandé à des chanteurs et groupes d'accompagner les combattants avec des chansons entraînantes. Alors sans plus attendre voici le premier groupe qui commencera ! »
Des hommes firent leur entrée. C'était un groupe de rock très connu au Japon. La preuve : Les spectateurs se mirent à hurler. L'animatrice reprit :
« Que le premier match commence ! »
Les combattants firent leur entrée sur le ring. Tout d'un coup, la surface de combat se mit à briller ainsi que les murs puis le plafond : Le décor changea rapidement, tous se retrouvèrent dans un décor tropical. Quant au ring, les filets qui limitaient le terrain se transformèrent en grillage. Le combat débuta, les deux hommes se battaient violemment mais n'arrivaient pas à prendre le dessus sur l'autre. Uriko se leva et se dirigea vers les vestiaires mais Mika la fit s'arrêter :
« Où est-ce que tu vas ?
- Je vais prendre l'air, ce match n'en vaut pas la peine. Celui que je vais mener va leur en mettre plein les yeux.
- Si tu le dis... acquiesça Mika. Mais ne t'éloigne pas trop.
- D'accord ! » dit-elle avec un long sourire.
Elle sortit acheter un soda à la sortie et retourna à l'intérieur. Une fois dans les couloirs, en sirotant son soda, elle réfléchit :
« Cette fille... elle avait une drôle de façon de me regarder. D'ailleurs, parlons-en de son regard : Ses yeux étaient étranges. Je n'ai pas bien regardé mais il me semble qu'ils étaient sombres ou plutôt noirs... Ils me fichent la frousse... Hein ? »
Devant elle, à l'encoignure d'une porte, se tenait la femme à qui elle pensait. Elle fixait Uriko depuis un moment avec toujours ce même regard noir ( ^^° Dans les deux sens du terme !) et ce sourire en coin qui resplendissait grâce à son rouge à lèvres violet. Elle posait sur sa joue, son index où l'on put voir ses longs ongles vernis d'un rouge sang. Elle était habillé d'une robe de soirée rouge assez courte, de porte-jarretelles et de bottes à hauts talons. Elle était blonde, ses cheveux étaient presque mi-longs et lorsqu'elle bougeait, ses cheveux flottaient avec facilité. C'est justement ce qu'elle fit en entrant dans le vestiaire mais elle s'arrêta et tourna la tête à moitié et déclara à Uriko :
« On se retrouvera sur la surface de combat. Et là, je te ferai payer... »
Elle pénétra dans la salle en fermant la porte. Uriko resta stupéfaite après avoir entendu la fin de sa phrase : « Je te ferai payer... ». Qu'est-ce que cela signifie ? Uriko ne comprenait toujours pas pourquoi elle lui a dit ça. Peut-être est-ce la façon dont Uriko l'avait regardé tout à l'heure. C'est alors qu'Uriko qui vit arriver Mika. Il s'arrêta devant elle et lui annonça :
« C'est génial ! Viens vite voir le combat, tu ne vas pas en croire tes yeux !
- Expliquez-moi ce qui se passe !
- Un des deux homme a pris l'avantage. Dépêche-toi ! »
Il guida Uriko jusqu'aux tribunes. Arrivés à destination, Uriko resta en retrait en voyant la tuerie qui se faisait sur le ring : Un des deux hommes qui s'affrontait était attaqué par une force mystique qui le faisait, de temps à autre, flotter dans les airs, il hurlait de douleur, le sang giclait à chaque coup qui lui était portés. Uriko fuia dans le couloir. Mika, qui ne vit pas Uriko s'en aller, dit :
« Mais qu'est-ce qui se passe ?! Où est passé l'autre homme ?! »
Mika entendit, derrière lui, un cri :
« Regardez ! »
Mika fut surprit en voyant Uriko qui courrait jusqu'au grillage et grimpa dessus pour rejoindre le malheureux qui était à terre, il était toujours en vie mais il était évanoui. Uriko sentit une présence qui s'approchait d'elle, elle se retourna et reçut un coup si violent dans la tête qu'elle fut éjectée contre le grillage à l'autre bout du terrain. Elle se redressa à genoux, essuya la coulée de sang. Elle regarda autour d'elle : Rien. Elle ne vit rien qui paraissait suspect quand soudain, elle reçut un autre coup qui l'assomma et tomba sur le dos. Uriko tenta de se redresser, en vain. Soudain, elle sentit quelque chose s'entortiller autour de sa cheville. Elle eut comme un mauvais pressentiment et ne tarda pas à avoir raison : Elle fut soulevée puis projetée au sol puis de nouveau soulevée puis de nouveau projetée au sol... Le manège dura un moment mais, finalement, s'arrêta. Uriko était essoufflée, parcourue d'égratignures sur tout le corps. Les gens étaient effrayés par ce qu'il lui arrivait : Elle ne pouvait plus se relever, elle était à la merci de son adversaire dont elle sentait qu'il allait lui donner le coup de grâce quand elle regarda au sol : Une ombre se rapprochait d'elle. Elle trouva la faille dans la technique de son adversaire. Même invisible, on peut le voir. Elle se releva et lui fit un croche-patte qui surprit son adversaire qui redevint visible. Tout le monde furent stupéfaits, même Uriko quand elle le vit : Il s'agissait d'un caméléon géant qui profita du fait qu'Uriko était sous le choc pour lui faire un retourné avec sa queue ce qui la projeta une nouvelle fois contre le grillage puis elle s'évanouit. Le caméléon regarda la foule qui fuyait puis se fondit avec le décor. Mika traversa la foule dans le sens inverse pour rejoindre Uriko qui était toujours allongée le long du grillage, ce qui l'affola. Quand il se trouva devant elle, il se mit à genoux pour la réveiller mais le choc mental en voyant la créature et le dernier choc physique qu'elle a reçu du caméléon ont joué sur son état. Il se sentit un peu responsable de ce qu'il lui était arrivé, il pensait que s'il avait veillé sur elle, elle ne serait pas partie affronter le caméléon. Soudain, il repensa au caméléon qui avait attaqué, il n'était pas là par hasard. D'ailleurs, où est passé l'homme qui se battait avec celui qui s'est fait attaquer ? Il se tourna avec effroi vers Uriko qui était toujours inconsciente puis il murmura :
« Maintenant, j'en suis sûr ! Les enfants qui vivaient dans le manoir abandonné avec Uriko sont toujours vivants ! »
Soudain, l'animatrice nipponne parcourut le ring à la rencontre de Mika en criant dans sa course :
« Mon Dieu ! Est-ce qu'elle va bien ?
- Oui, ne vous inquiétez pas. Elle n'est qu'évanouie. Où est le caméléon ? demanda Mika.
- On ne sait pas encore. Le service de sécurité recherche désespérément ce monstre, répondit l'animatrice.
- Que s'est-il passé entre le moment où l'un des hommes a prit le dessus et le moment où le caméléon a attaqué sauvagement l'autre ?
- À vrai dire, c'était très étrange. Le type s'est mis à briller et on ne le voyait plus. C'est là qu'il a disparu. Puis l'autre s'est fait attaquer par une force invisible ensuite, vous connaissez la suite. »
Ils se mirent tous deux à détourner leur regard vers Uriko qui se mit à gémir. L'animatrice ajouta :
« Vous êtes sûr que vous ne voulez pas l'emmener à l'hôpital ?
- Finalement oui. Elle a l'air mal en point.
- Sage décision ! ajouta l'animatrice. Suivez-moi ! »
Ils finirent par quitter le ring. Mika ne pouvait s'empêcher de regarder Uriko qu'il tenait dans les bras avec remords. L'animatrice se retourna pour les observer avec un regard attendri.
Chapitre 4 : Des promesses nous lient à jamais
Depuis leur arrivée à l'hôpital, Mika s'inquiétait toujours pour Uriko car elle n'avait toujours pas montré de signe de vie. Quant à l'animatrice, elle revint en tenue d'infirmière auprès de Mika qui était surpris de la voir habillée ainsi. Elle lui expliqua le plus simplement possible :
« J'ai omis de vous dire que mon métier est en réalité infirmière, animatrice est un petit travail qu'on me donne des fois à la télé, les concerts ou les spectacles comme celui-ci.
- Je suis heureux de savoir que vous êtes infirmière, déclara Mika.
- En fait, je ne suis qu'une stagiaire aguerrie mais je fais mes preuves et ça a l'air de plaire aux supérieurs.
- Quel âge avez-vous ?
- J'ai à peine 15 ans.
- Ça alors ! On a l'impression que vous avez le même âge qu'elle alors que vous êtes 2 ans plus jeunes qu'elle, vous faites mûre !
- Je vous remercie pour le compliment ! *Ça se voit que les gens me connaissent très mal ! Y'a pas plus gamine que moi !* Bon, je vous laisse un instant avec elle, j'ai un autre patient.
- Au fait ! ajouta Mika. Les combats, vont-ils continuer ?
- Non, l'organisateur préfère le reporter. À quelle date ? Ça, je ne le sais pas, il faudra être patient.
- Je vois...
- Quelque chose ne va pas ?
- Oui, elle voulait participer aux combats pour obtenir l'argent nécessaire pour acheter un logement ici, au Japon, car nous avons à peine de quoi rester dans un hôtel pour 4 jours...
- Je comprends... Tiens ! Vous n'avez qu'à rester ici, la cafétéria est gratuite pour les patients, j'ajouterai un lit supplémentaire pour vous dans sa chambre et le tour est joué !
- Mais je ne suis pas un patient, ça ne marchera pas.
- Je vous mettrais dans la liste de mes patients et c'est dans la boîte !
- D'accord !
- Ouais ! »
Le lendemain, Uriko n'était toujours pas réveillé et Mika n'a pas fermé l'½il de la nuit car il l'a passé à veiller sur Uriko et à s'excuser. Quand l'infirmière rentra, elle hurla en voyant la tête de Mika comme si elle venait de voir un fantôme. Pire, elle venait de voir un zombie. Elle entama le dialogue, encore sous le choc :
« Ben dis donc, si je mis attendais ! Les autres infirmières vont vraiment vous prendre pour un malade avec cette mine-là ! Je parie que vous n'avez pas dormi du tout, je me trompe ?
- Vous avez deviné. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à ce qui était arrivé.
- Il ne faut pas vous morfondre comme ça, M.Ryuuta, ce n'est pas de votre faute si elle a décidé de partir secourir ce pauvre homme sur la surface de combat. Promettez-moi que vous arrêterez de trop vous inquiéter.
- Promettre... Une promesse... Je n'ai jamais aimé promettre quelque chose, j'ai appris que cela rendait malheureux...
- ...Vous avez raison...
- Hein ?
- Un jour, quelqu'un que j'aimais beaucoup m'a fait une promesse, mais il ne l'a pas tenu. Depuis, je lui en veux beaucoup mais je ne l'ai pas revu.
- Je suis désolé de vous faire rappeler de douloureux souvenirs.
- Non, rassurez-vous, cela ne me fais rien du tout ! J'y pense tous les jours quand j'assiste aux opérations des patients. D'ailleurs, c'est grâce ou à cause de ce qui s'est passé par la suite que j'ai voulu devenir médecin.
- Comment ça « grâce ou à cause » ?
- ... »
Elle ne répondit pas et préféra s'en aller. Mika ne voulait pas continuer de discuter à ce sujet car il sentait que ça la mettait mal à l'aise. Il se retourna vers Uriko qui gémissait de nouveau, elle semblait faire un cauchemar...
Voici son rêve...
Uriko se trouva soudainement devant les ruines d'un village. Elle regarda autour d'elle tout en disant :
« Mais où suis-je ? »
Elle décida de marcher à travers les ruines quand elle eut un mal de tête intense et que sa vue se troublait. Par peur, elle ferma les yeux en gémissant puis son mal de tête disparut. Elle rouvrit lentement les yeux et vit comme un flash-back : Des enfants joyeux se mettaient à courir devant elle, ils riaient en allant en direction des allées à travers les maisons. Elle ne les voyait pas très bien car sa vue était encore un peu trouble. Soudain, le flash-back disparut. Elle regarda devant elle et reconnut les petites allées que les enfants avaient emprunté. Curieuse, elle décida de faire comme ces enfants. Les allées finirent par déboucher sur une place. Soudain, son mal de tête reprit, rouvrit les yeux et vit encore un flash-back : Les enfants se dirigèrent maintenant vers une ruelle étroite et y pénétrèrent à la queue leu leu. Puis le flash-back disparut. Elle s'empressa de traverser la ruelle. Quand elle en sortit, un nouveau mal de tête, plus intense, l'obligea à tenir sa tête. Elle tomba à genoux et un nouveau flash-back apparut : Les enfants rentrèrent dans un manoir délabré, heureux d'avoir trouvé un toit où se loger, où s'amuser mais le plus important pour eux : Rester ensemble. Le flash-back disparut. Uriko, les yeux écarquillés, se releva rapidement tout en disant de plus en plus fort :
« C'est pas vrai ! C'est pas vrai ! »
Elle se mit à courir tout en répétant la même chose. Soudain, elle se retrouva devant le manoir qui n'était autre que celui où elle vivait avec les autres enfants. Elle se dépêcha de rentrer à l'intérieur, elle regardait autour d'elle : Tous les enfants se trouvaient là et l'encerclaient. Tout d'un coup, sa vue redevint nette, ce n'était plus un flash-back. Elle put reconnaître les enfants, même le grand frère d'Arice, Yukito, était parmi eux. Elle sentait au fond d'elle une profonde tristesse. Peut-être parce qu'elle venait de revoir le défunt Yukito... Non... Il y avait autre chose... Elle murmura, tête baissée :
« ... Hiro... »
Tous les enfants la regardèrent, l'air surpris. Puis elle releva la tête en demandant :
« Hiro... Où est Hiro...? »
Les enfants ne répondirent pas. Elle redemanda, les larmes aux yeux :
« Je vous en prie, je veux le voir... Car je sais au plus profond de moi qu'il veut me voir aussi ! »
Les enfants, touchés par ses paroles, lui ouvrirent le passage vers les escaliers. Elle courut vers le passage quand elle fut arrêtée par une jeune fille qui l'avait arrêtée par le bras. Uriko se retourna vers elle en lui disant :
« Lâche-moi.
- ...
- Lâche-moi, Clara ! »
La fille baissa les yeux et hocha la tête en relâchant le bras d'Uriko. Uriko reprit sa course dans les escaliers en criant :
« Hiro ! Hiro ! »
Au fur et à mesure qu'elle montait ces escaliers interminables, elle rajeunissait d'un an toutes les 30 marches. Quand elle arriva à l'étage, elle s'arrêta et constata qu'elle avait 13 ans, le même âge que le jour où elle s'est fait enlever des bras tendres et à la fois protecteurs de Hiro. Elle chercha un moment Hiro dans toutes les pièces de l'étage et commença à perdre espoir. Elle tomba à genoux en pleurant, des sanglots se mirent à couler légèrement sur ses joues pour finir sur le plancher. Elle repensa à toutes les pièces qu'elle avait fouillé quand elle se rendit compte qu'elle avait oublié la chambre au fond du couloir. Elle se releva en vitesse, courut jusqu'au fond du couloir, ouvrit la porte et là, le bonheur la submergea : Hiro était allongé sur le lit, rêvassant en regardant le plafond, les bras croisés derrière la tête. Quand il entendit la porte s'ouvrir, il retrouva ses esprits et s'assis. Mais quand il vit Uriko, il se leva en disant :
« Uriko... »
Celle-ci se remit à pleurer en disant :
« Hiro... Hiro ! »
Elle courut vers Hiro qui ouvrit grand ses bras pour y accueillir Uriko. Quand celle-ci se blottit contre lui, il l'enlaça tendrement. Elle ne put s'empêcher de pleurer. Hiro passa sa main dans les cheveux d'Uriko en lui murmurant à l'oreille :
« Arrête de pleurer, maintenant, tu n'es plus seul.
- Hiro... J'ai espéré toutes ces années pouvoir te retrouver. Maintenant que nous sommes réunis, j'ai l'impression que nous allons encore être séparés mais cette fois pour toujours !
- Uriko... J'aimerais te dire quelque chose depuis longtemps. Je voulais te le dire le jour même où nous avons été séparés, même si tu le sais depuis longtemps.
- Dis-le-moi...
- ... Je t'aime.
- Dis-le-moi encore une fois. »
Il mit son doigt devant la bouche d'Uriko, la regardant dans les yeux avec un regard profond et lui murmura :
« ... Je t'aime... »
Il retira son doigt délicatement et s'approcha lentement du visage d'Uriko qui sentit la température monter en elle. Elle ferma les yeux et ils s'embrassèrent tendrement. Hiro recula et se laissa tomber sur le lit et Uriko l'accompagna. Ils continuèrent de s'embrasser fougueusement. Elle pensait :
« J'aimerai que ce moment dure éternellement... »
Au même moment, tout devint blanc. Elle se retrouva seule et se remit à pleurer en criant de toutes ses forces :
« HIROOOOOOO !!! »
Puis elle s'écroula, évanouie.
Fin du rêve...
Uriko se réveilla en sursaut. Mika s'approcha d'Uriko en lui disant :
« Je suis soulagé, tu es enfin réveillée... Mais... Tu pleures ? »
Les larmes qu'elle avait versé dans son rêve étaient bien réelles mais elles ne cessaient de couler. Uriko sourit timidement à Mika en lui racontant :
« J'ai fait le plus beau rêve de ma vie et il m'a ému...
- Qu'est-ce qui s'est passé dans ton rêve ?
- J'ai revu la personne qui était la plus chère à mes yeux et j'ai appris que cette même personne a toujours tenu la promesse qu'on s'était faite. »
Elle se mit à pleurer et Mika la prit dans ses bras, voyant qu'elle avait besoin d'affection après ce qui lui est arrivé. Au même moment, l'infirmière était devant la porte et avait écouté toute la conversation. Elle hésita à entrer mais comprit qu'il valait mieux les laisser seuls. Elle prit le chemin de la sortie sans le dire à personne. Elle arriva chez elle, se jeta sur son lit en repensant à ce que Uriko avait dit à Mika (« J'ai appris que la personne que j'aime le plus au monde a toujours tenu la promesse qu'on s'était faite. »). Elle repensa à la promesse qu'on lui avait faite, ce qui l'enrageait. Elle vit une photo dans un cadre qui n'était autre que la personne qui n'avait pas tenu leur promesse, la prit violemment en criant :
« Je te déteste ! À cause de toi, je suis toute seule. Tu m'entends ? Toute seule !... »
Elle leva son bras, s'apprêta à jeter la photo contre le mur... Mais elle n'y arrivait pas. Elle descendit son bras lentement vers elle et regarda la photo, les larmes aux yeux. Elle reprit :
« ... Mais, grâce à toi, j'ai trouvé ma voie : Celle de sauver des vies. Tu vois, malgré tout ça, je t'aime encore !... »
Des larmes se mirent à couler sur la photo, elle fit évacuer son chagrin qu'elle portait sur son c½ur depuis longtemps. Ce même c½ur qui était toujours déchiré entre deux mots : « Je te déteste » et « Je t'aime ». Lequel finirait par disparaître ? Son c½ur a encore besoin d'un peu de temps pour prendre sa décision.
Chapitre 5 : “Beast”, l'Hybride Ultime
Une nouvelle journée démarre à l'hôpital à côté du bâtiment hautement technologique. Comme à son habitude, l'infirmière vient régulièrement voir Mika et Uriko, s'occupe d'eux, les invite à déjeuner... L'apprentie infirmière tient à ce qu'ils ne manquent de rien. Elle se sent bien dans la vie en communauté, elle se sent bien entourée et n'est plus seule quand elle vient travailler. En revenant à Uriko et Mika, Mika ne cesse de s'excuser auprès d'Uriko qui ne lui en veut pas mais il ne veut rien savoir et d'y avoir honte de lui-même. En le voyant ainsi se morfondre, la jeune stagiaire commence à se poser des questions. Elle se demandait souvent :
« C'est pas possible, ils ne sont pas parentés. M.Ryuuta ne peut pas être son père, il doit avoir à peine 20 ans (il a, plus précisément, 22 ans). Ce n'est pas son frère, ils n'ont aucun points communs. Quand je les vois comme ça, ils me font penser à deux amis. Pourtant, cette fille (Elle ne connaît pas son nom) ne semble pas être considérée comme tel à ses yeux. Il ne reste plus qu'une solution : c'est son cousin. Je vais poser la question... »
Elle fit un pas en avant en demandant :
« M.Ryuuta, Vous êtes son cousin ou bien un ami à elle ?
- Aucun des deux. Je suis un peu comme un tuteur. Elle était seule alors je suis resté auprès d'elle.
- Hum...
- ...? Pourquoi cette question ?
- Hein ?... Euh, juste comme ça
- ...?... »
Elle sortit dans le couloir en laissant la porte entre-ouverte. Elle réfléchit :
« Si c'est ni l'un ni l'autre... Qui est-ce ? »
Elle observa Uriko qui dormait. Elle détourna son regard vers Mika qui regardait Uriko avec un regard plein de tendresse. L'infirmière s'aperçut rapidement que Mika avait posé sa main sur celle d'Uriko. Elle comprit immédiatement :
« M.Ryuuta est amoureux d'elle. Mais il semblerait qu'elle ne soit pas amoureuse de lui. En tout cas, c'est ce que j'ai cru comprendre. Elle a dit à Mika que dans son rêve, elle a revu « la personne qu'elle aimait le plus au monde ». À ce moment-là, j'ai bien vu le regard de M.Ryuuta : Il était à la fois coléreux, triste et déçu. Ça m'a fait mal au c½ur de le voir ainsi. J'aimerai lui venir en aide... Mais oui ! C'est ce que je vais faire ! »
Elle rentra dans la chambre et vit qu'Uriko était réveillée. Mika et Uriko parlaient de choses sérieuses ce qui n'était pas le bon moment pour l'infirmière de parler d'amour. Elle s'introduit dans la conversation :
« De quoi parlez-vous ?
- De la créature du tournoi, répondit Mika.
- Mais vous ne pourriez pas comprendre, ajouta Uriko.
- Tant pis, j'essaierai ! répliqua l'infirmière.
- En fait, j'ai compris qui était cette créature. Il s'agit d'un des spécimens du projet « Beast ».
- Et de quoi s'agit-il ? demanda l'infirmière.
- Je vous le dis si vous me jurez de ne le dire à personne car il s'agit d'un projet extrêmement confidentiel et dangereux mondialement. Alors ?
- Je le jure.
- ... J'ai malheureusement participé à ce projet aussi bien physiquement que financièrement, ce qui a causé ma perte et m'a valu de fuir le pays. J'aurai aimé oublier la mort des 18 enfants qui étaient inutiles, la capture interdite des animaux, les 14 autres enfants manipulés génétiquement... déclara Mika.
- ... Continuez, dit l'infirmière, qu'avez-vous fait aux 14 enfants ?...
- ... Nous avons fusionné les corps des enfants à ceux des animaux afin de créer une race supérieure, des créatures hybrides que l'on a appelé « Beast » (« Bête » en anglais). Le chef du projet fut tué par un Beast (c'est Uriko) qui s'est enfuit avec les autres mais je ne sais pas si, à part le caméléon, les autres ont survécu...
- ... Ils sont vivants..., murmura l'infirmière, tête baissée.
- Hein... ? » dirent Mika et Uriko.
Elle releva la tête en souriant et s'exclama :
- Je suis sure qu'ils sont vivants. Si ce Beast est vivant, c'est que les autres aussi ! Vous n'êtes pas d'accord ? »
Ils sourirent à leur tour en répondant :
- Oui, il faut garder espoir. Nous les retrouverons !
Chapitre 6 : Opération “Merotique” 1ère partie
4ème jour à l'hôpital. Uriko a encore besoin de repos, Mika reste à son chevet et l'infirmière tient sa langue au sujet des Beast. Mais ce n'est pas ça qui l'occupe, c'est l'opération « Merotique » qu'elle a mis au point et qui consiste à aider Mika qui est amoureux d'Uriko. Avant de commencer, elle va les voir dans la chambre. Mika la voit rentrer et lui dit :
« Mademoiselle Moé (c'est son nom de famille), vous pensez qu'elle sortira bientôt de son lit ?
- Justement, j'étais venue vous dire que demain, elle sera apte à se lever de son lit.
- Je me suis heureux de l'apprendre.
- Mais vous resterez ici, pas vrai ?
- C'était très gentil de votre part de nous garder ici mais nous ne pouvons pas rester plus longtemps, je vois bien que nous vous dérangeons dans votre travail.
- Mais non, pas du tout ! répliqua-t-elle. Au contraire, je suis contente de vous avoir rencontré, je vis toute seule. Vous voir quand je viens ici me fait très plaisir ! Mero mero mero!
- Je...
- Si vous ne voulez plus rester, vous n'avez qu'a venir chez moi !
- ...
- Dites ouiiiiiiii !
- ... »
Il se tourna vers Uriko qui semblait être d'accord. Il se retourna vers Melle Moe en déclarant après un soupir :
« ... C'est d'accord.
- Ouais !!! » s'exclama Moé. Ce soir, en rentrant chez moi, je vais préparer la chambre d'amis.
- J'ai cru que vous étiez seule ?
- C'est le cas mais je préférais en avoir une au cas où. On ne sait jamais. »
Elle s'empressa de sortir de la pièce en refermant la porte derrière elle. Elle se mit à penser :
« Ça a marché ! L'Opération Merotique peut enfin débuter. Ce sera plus facile chez moi qu'ici. Je sens qu'on va bien s'amuser... Mero mero mero ! »
Puis un médecin l'appela pour une intervention. Elle se dépêcha de le rejoindre. Du côté de Mika et d'Uriko, Mika discutait avec elle à propos du caméléon :
« Je me demande où il est passé ?... Si on le retrouve, je suis sûr qu'on retrouvera les autres.
- Vous croyez ? demanda-t-elle tristement.
- C'est évident, si lui il est ici, les autres ne sont pas bien loin.
- Je l'espère... dit-elle doucement.
- Nous les retrouverons, ne sois pas triste. »
Il la prit dans ses bras pour la réconforter, ce qui fit son effet. Uriko retrouva le moral.
Ça y est, le fameux jour arriva. Moe les amena chez elle, toute contente d'avoir des invités. Elle leur fit visiter la maison puis finit par la chambre d'amis. Mika et Uriko devinrent rouges en voyant la chambre : Un lit deux places (OUH HOU !) se tenait au milieu de la pièce. Moe souriait avec un regard plein de malice qui les observait. Elle finit par dire :
« Pardon mais quand je suis sortie de l'hôpital, il était trop tard : Les magasins étaient fermés. Je n'ai trouvé que ce lit dans la cave, j'espère qu'il fera l'affaire. »
Les deux ne pouvaient plus parler, en fait, ils ne savaient pas quoi répondre. Moe se retenait de rire en voyant leurs têtes. Mais elle était contente de rendre service à Mika qui ne semblait pas en position de la remercier pour ce geste. Moé se mit à penser :
« C'était peut-être un peu exagéré le coup du lit mais on ne peut plus revenir en arrière maintenant... »
Elle s'approcha des deux jeunes gens en les rassurant :
« Si ça ne vous plait pas, Uriko peut toujours prendre mon lit.
- Et vous ? demanda Mika.
- Je prendrai le canapé du salon en attendant d'avoir d'autres lits.
- C'est trop gentil, merci ! »
Moe passa sa nuit à s'insulter :
« Quelle idiote ! Pourquoi j'ai proposé ça ? Maintenant, je dois me taper ce canapé durant tout le séjour !... Bon, demain, l'opération commence vraiment ! »
Un matin radieux prit la place de la nuit blanche qu'avait passé Moé. Elle prit son petit déjeuner assez tôt pour comploter un nouveau plan, seulement, rien ne lui vint à l'esprit. Mika se réveilla peu de temps après comme il avait l'habitude faire. Elle ne pouvait plus se concentrer en le voyant, elle pensait à la réaction de celui-ci hier : Il l'avait remercié d'avoir pris le canapé pour qu'Uriko et lui ne dorment pas ensemble... Elle n'y comprenait rien. Mika l'observait depuis un petit moment et la trouvait bizarre depuis quelques temps. Puis Uriko se leva et entra dans la cuisine pour prendre son petit déjeuner. Moe finit par se lever de table en annonçant :
« Uriko, j'ai une course à faire. Ça te dirait de venir avec moi ?
- Bien sûr, j'avais justement envie de sortir un peu.
- J'attends que tu prennes ton p'tit déjeuner et que tu te prépares. Ne traîne pas ! »
Moé et Uriko sortirent de la maison en direction du centre-ville pour acheter les lits. Moé en profita pour visiter les boutiques de vêtements, en essaya quelques-uns et demandait l'avis d'Uriko sur chacune d'entre elles. Une heure s'écoula dans la boutique. Moe sortit de la cabine avec une nouvelle tenue farfelue en demandant joyeusement :
« Et celle-là ? Tu la trouve comment ?... »
Uriko n'écoutait plus, elle rêvassait en regardant à l'extérieur. Elle murmurait :
« ... Hiro... »
Moe se rendit compte qu'elle avait raison au sujet d'Uriko : Elle était bien amoureuse de quelqu'un d'autre. Moé l'interrogea avec une petite voix enfantine :
« C'est qui Hiro ? C'est ton fiancé ? »
Uriko cessa de rêvasser en entendant cette phrase. Elle se mit à rougir énormément. Moé rentra dans la cabine en lui disant :
« Allez, on est entre filles, tu peux me le dire !
- Hiro... C'est juste un ami avec qui j'ai vécu plusieurs années...
- Tu mens ! T'es a-mou-reu-se de lui, avoues-le !
- Hein ? Mais non, c'est la vérité !
- Tu me mens, je le sais parce que je t'ai entendu dire à M.Ryuuta que tu avais rêvé de la personne que tu aimais le plus au monde et c'est forcément un garçon !
- Non, pas obligé, ça peut être quelqu'un de ma famille !
- Ah, c'est vrai... J'y avais pas pensé... »
Elles détournèrent leur regard chacun de leur côté, l'une honteuse, l'autre gênée. Un silence se fit jusqu'au moment où Uriko finit par admettre d'un ton résignant :
« ... D'accord, je l'avoue, tu as raison...
- À quel sujet ? Je ne m'en souviens pas, je suis embrouillée...
- À propos de mon rêve. Cette personne, c'est bien Hiro...
- J'en étais sure ! Et ce rêve ? Tu peux me le raconter ? »
Uriko hésita en rougissant mais elle finit par accepter sa demande. Elle lui raconta tout en détails. Elle lui raconta même le passage avec le baiser. Quand elle eut terminé, Moe était toute contente après ça, elle annonça :
« C'est l'histoire la plus merotique que j'ai jamais entendu !
- Merotique ? s'interrogea Uriko.
- Oui, c'est ma façon à moi de dire « romantique ».
- C'est original comme modification, j'aime bien. »
Moé se mit soudain à soupirer puis ajouta :
« Et dire que je connais quelqu'un qui est amoureux de toi et qui n'ose pas le dire mais qui laisse certains signes trompeurs...
- De qui tu parles ?
- Ne me dis pas que depuis tout ce temps tu ne l'avais pas remarqué ?! dit Moé en haussant le ton.
- Mais qui ?! demanda à son tour Uriko en haussant le ton, impatiente.
- Avec qui tu es toutes tes journées ?!
- J'en sais rieeeeeen, dis-leeeeeee !!
- T'as déjà oublié M.Ryuuta ?! »
Elles arrêtèrent leur concours de vocalises, essoufflées et rouges, surtout Uriko après avoir entendu ce que Moe avait compris alors qu'elle ne l'avait même pas remarqué elle-même. Elle ne s'y attendait en aucun point car, pour dire la vérité, elle le considérait comme son père ou son frère mais au fond d'elle, ce n'était qu'un étranger. En fait, elle ne savait quoi penser de lui, elle ne savait pas comment se l'expliquer. Moé toussota pour attirer l'attention d'Uriko pour parler de Mika. Elle dit à Uriko :
« Tu sais, j'ai compris ce qu'il ressentait quand j'ai vu son regard doux quand tu étais endormie le lendemain où tu as fait le rêve. Puis tout d'un coup, il a posé sa main sur la tienne en rougissant un peu. Si ça c'est pas une preuve !
- ... »
Uriko ne savait plus quoi dire. Tout ce qu'elle était capable de faire, c'était de rougir. Moe continua :
« Tu sais, quand tu m'as parlé de Hiro, je pensais au moment où M.Ryuuta t'a pris dans ses bras. Il laissait transparaître de la haine et une profonde tristesse en apprenant que quelqu'un d'autre comptait plus à tes yeux que lui et c'est ça qui a mêlé ces deux sentiments en lui. Je suis certaine qu'en ce moment, il y repense et ça lui fait mal, tu comprends ? Ça lui fait mal ! »
Moe sentit des larmes englober ses yeux. Elle voyait flou jusqu'à ce qu'elle se frotte les yeux. Uriko ne comprenait pas pourquoi Moé tenait tant à aider M.Ryuuta mais elle se leva et partit en direction de la sortie du centre-ville : Elle avait l'intention de retourner au domicile de Moe. Celle-ci termina de se frotter les yeux et regarda Uriko s'en aller. Moé murmura :
« HI HI ! Ça a marché, elle y va ! Je croyais que l'opération « Merotique » allait tomber à l'eau mais finalement elle fonctionne mieux que je ne le croyais ! Mero mero mero !
Chapitre 7: Opération “Merotique” 2nd partie
Moé préféra continuer son shopping. Elle en profita aussi pour commander des lits pour les deux colocataires. Elle se sentit un peu seule mais elle savait qu'il ne fallait pas rentrer maintenant, c'était trop tôt. Elle savait qu'elle devait laisser Uriko réfléchir à la situation.
Au même moment, Uriko marchait en direction de son nouveau domicile. Elle avait l'intention de voir Mika mais qu'avait-elle l'intention de faire ?
Mika repensait aux événement qui les avaient fait se rencontrer. Il la revoyait à 13 ans, tremblante après avoir tué M.Maera de ses griffes, sa transformation dont le type de beast est encore inconnu. Mika avait décidé autrefois qu'elle serait “Uriko the Half Beast” (“Uriko la semi-bête”). Mika se sentait toujours responsable de la mort de ces nombreux enfants qui ne voulaient juste une chose : Vivre et rester ensemble. Il se sentait aussi coupable de la torture qu'ont subi les 14 survivants qui vivent avec leur esprit torturé par des souvenirs douloureux tel que les enfants mort devant eux. Mais Uriko lui a fait le plus de peine ce jour-là, les autres l'avaient abandonné et elle ne savait plus quoi faire. Mika ressentit quelque chose au fond de lui qu'il n'arrivait pas à s'expliquer. Il revit le moment où il a promis à Uriko qu'il ne la laisserait pas toute seule et qu'il l'aiderait à retrouver les enfants. Un craquement se fit entendre derrière lui. C'était Uriko qui était déjà rentrée et resta figée devant le regard surprit de Mika. Uriko fit un pas en avant vers Mika en disant :
« Moé m'a fait part d'une info vous concernant et j'aimerai vous entendre me dire la vérité.
- C'est à propos de quoi ?
- ... »
Uriko baissa la tête pour cacher son visage rouge et cherchant les mots qu'elle devait prononcer. Elle prit sa décision, releva la tête et demanda :
« ... Qu'est-ce que vous ressentez pour moi ?
- ...Je ne sais pas vraiment... »
Uriko fut surprise en entendant ça. Elle ajouta :
« Moe m'a pourtant dit qu'à votre comportement, vous sembliez être... amoureux de moi... »
Uriko cacha de nouveau son visage en baissant la tête. Elle sursauta en sentant que Mika avait posé ses mains sur ses épaules. Elle releva la tête et regarda Mika dans les yeux. Mika répondit :
« J'ai besoin d'encore un peu de temps pour que ce sentiment prenne forme. »
Il retira ses mains des épaules d'Uriko et s'en alla. Uriko resta un instant sans bouger et tourna son regard vers les commodes décorées de Moé et aperçut la photo d'un garçon d'environ 15 ans. Elle se dit :
« C'est peut-être son petit ami... »
Elle s'approcha de la photo pour mieux voir. Soudain, elle écarquilla les yeux en la voyant. Elle ajouta :
« Mais c'est... ! »
Elle lâcha la photo par terre qui ne cassa pas sur le coup. Elle partit en courant à la recherche de Mika qui était sortit pour réfléchir. Uriko arriva à l'extérieur, elle bouscula tout le monde pour le retrouver. Elle s'arrêta pour souffler un peu et se mit à réfléchir :
« Si j'étais à la place de M.Ryuuta, où irai-je pour être seul ?... Près de l'étang du parc ! »
Elle reprit sa course vers le parc. Effectivement, il se trouvait là, au bord de l'étang en fixant le couché du soleil qui avait presque disparu. Elle se rapprocha de lui en déclarant :
« M.Ryuuta, j'ai découvert qui est en réalité Moé ! »
Elle n'eut pas le temps de terminer ce qu'elle avait à dire que des craquements les surprirent. Uriko se rapprocha tout près de Mika pour le protéger. Elle avait un air sérieux et froid. Mika s'interrogea :
« ... D'où est-ce que ça vient ?...
- ... Des arbres... »
Le bruit prit fin. Mika se sentit soulagé et ajouta :
« Il est parti...
- Non, il est toujours là... »
Tout d'un coup, Uriko se retourna et cria :
« Couchez-vous ! »
Il s'exécuta et Uriko fit de même. Pourtant, ils ne virent rien. C'est alors qu'Uriko se releva et prit un coup violent dans le dos qui la fit voler deux mètres plus loin. Elle se mit à flotter dans les airs et fut projetée au sol. Mika comprit immédiatement à qui ils avaient affaire. Il hurla à Uriko :
« Uriko ! C'est le Beast du caméléon ! »
Elle se releva et se fit de nouveau frapper. Elle se demandait comment elle allait bien pouvoir vaincre un ennemi qui a des avantages grâce au terrain où il peut se dissimuler mais aussi le fait que la nuit était tombée et que seul la Lune éclairait encore. Elle prit sa décision et fit un tour sur elle-même et, soudain, une lumière ressemblant plutôt à des flammes apparut autour d'elle et se transforma en ce félin qui avait tué M.Maera. Elle effleura rapidement son pouce sur sa bouche pour montrer qu'elle était prête à lui faire sa fête. Le caméléon répondit à la provocation, il chargea sur Uriko qui fit de même. Le combat pouvait commencer.
Chapitre 8 : L'arrivée d'un nouvel allié
Le duel commençait à peine qu'Uriko était déjà épuisée. Elle réussissait 1 fois sur 5 à le toucher sans pour autant l'égratigner. L'environnement était favorable au deux beasts mais l'inconvénient était bien sûr la capacité de camouflage du caméléon. Uriko ne savait plus quoi faire face à un ennemi invisible quand elle se mit à méditer. Elle avait l'intention de prêter l'oreille au moindre bruit. Celui qui lui paraîtra suspect sera forcément son adversaire. Un silence insoutenable apparut. Uriko ne bougeait plus et avaient les yeux fermés. Mika qui assistait à la scène, étant éloigné vers les arbres, comprit la man½uvre d'Uriko et ne s'inquiétait pas jusqu'au moment où il vit les oreilles d'Uriko réagir. Uriko se retourna violemment pour lui infliger un coup fatal avec ses immenses griffes, elle attaqua mais il n'était plus là. Uriko sentit sa présence derrière lui mais trop tard, il la frappa d'un coup si puissant qu'au moment où elle atterrit au sol cinq mètres plus loin, elle se retransforma. Mika hurla :
« URIKOOOOOOO »
Melle Moé, qui était toujours dehors, revenait d'un restaurant. Elle se demandait si l'opération « Merotique » avait réussi. À cet instant, elle entendit le cri de Mika qui venait du parc à deux pas d'ici. Elle traversa le carrefour en courant sans se soucier des voitures qui roulaient à grande vitesse. Les voitures klaxonnaient au passage de Melle Moe et d'autres freinaient de justesse devant elle. Elle sauta dans les buissons pour prendre un raccourci qui la mènerait plus rapidement vers l'étang d'où venait le cri de Mika.
Pendant ce temps, Mika vit le caméléon se montrer. Il s'approcha lentement d'Uriko comme s'il voulait retarder l'échéance. Mika regardait Uriko en criant :
« Uriko, réveille-toi ! »
Uriko se releva avec difficulté mais quand elle fut debout, ses jambes se mirent à fléchir et elle retomba lentement au sol. Elle baissa la tête et sentait au fond d'elle que le caméléon allait profiter de sa faiblesse pour la tuer. Elle s'y résigna. Mika n'arrivait pas à croire qu'elle allait baisser les bras et se laisser mourir. Il hurla :
« Uriko, ne te laisse pas abattre, tu peux encore le battre !
- Je ne peux plus tenir debout. Qu'il m'achève, c'est tout ce que je mérite pour ma faiblesse. »
À ces mots, une profonde tristesse s'empara de lui. Il aurait aimé trouver les mots justes pour la faire revenir à la raison. Il s'apprêta à lui dire quelque chose mais il hésitait mais il finit par lui dire :
« Et Hiro ?! N'avais-tu pas envie de le retrouver ?! »
Uriko ouvrit les yeux et regarda au-dessus d'elle : Le caméléon regardait Uriko de haut et sortit une griffe aiguisée de sa patte gauche. Il leva la patte pour lui donner le coup de grâce. Uriko referma les yeux quand soudain, une ombre furtive surgit sur lui et l'éjecta dans l'étang. Uriko rouvrit les yeux et vit avec étonnement un gigantesque lapin blanc aux yeux rouges qui la regardait. Uriko regarda la tenue que portait le lapin et reconnut les vêtements qu'avait Moé la dernière fois qu'elles se sont vues. Le lapin partit à la rencontre du caméléon qui sortait de l'eau. Il se mit debout et partit en courant dans les buissons. Le lapin partit à sa poursuite. Uriko les regarda s'enfoncer dans les buissons quand elle détourna son regard vers Mika qui était venu la rejoindre pour l'aider à se relever. Il passa le bras gauche d'Uriko derrière sa tête et de sa main droite, il prit Uriko par la hanche. Quand celle-ci fut debout, Moé apparut dans les buissons et s'avança vers eux. Uriko demanda à Melle Moé :
« C'était bien toi, Moé-chan ?
- De quoi tu parles ?
- Du lapin.
- Je n'ai pas vu de lapin quand je suis arrivée.
- Ne fais pas l'innocente, je sais que c'était toi. Je t'ai reconnu à la tenue.
- Mince ! J'avais oublié ce détail ! Je vous en prie, ne dites à personne ce que vous avez vu. Si vous le faites, ils vont tenter de me traquer pour me tuer !
- Ne t'en fais pas, rassura Mika. Maintenant que je t'ai retrouvé, tu n'as plus rien à craindre.
- Dis-moi... demanda de nouveau Uriko. Je peux te poser une question ?
- Bien sûr.
- ... Est-ce que c'est toi... Alice ? »
Melle Moé fut surprise d'entendre qu'Uriko connaissait son nom. Elle annonça :
« Oui, c'est bien moi... Mais qui est-tu ?
- Tu ne te souviens pas de moi ? C'est moi, Uriko !
- C'est toi ?! Je ne t'avais pas reconnu, tu as changé !... Au fait... Comment as-tu deviné que c'était moi ?
- Quand je suis rentrée, je suis allée dans ta chambre et j'ai trouvé, par hasard, la photo d'un garçon. Quand je l'ai vu, j'ai compris qui tu étais car, ce garçon, c'était... Yukito... Ton frère que tu as perdu... »
Alice se mit à pleurer et sauta dans les bras d'Uriko. Au fond d'elle, elle était heureuse. Ses larmes se transformèrent en larmes de joie quand elle se dit :
« Je ne suis plus seule et c'est finalement grâce à toi. »
Chapitre 9 : L'espoir renaît
Le lendemain, Uriko, Mika et Alice se réveillèrent plutôt que d'habitude pour partir à la recherche d'informations sur le caméléon ou plutôt l'homme qui est du beast du caméléon. Ils pensaient que s'ils retrouvaient cet homme, ils retrouveraient les autres. Grâce à Alice qui avait pu apercevoir le visage du beast à la clarté de la lune, il sera plus facile de le retrouver. Ils demandèrent aux passants :
« Excusez-nous, auriez-vous vu un homme de grande taille avec une coupe iroquoise verte, les yeux globuleux et bridés, des piercings aux oreilles, un bouc vert, une chemise dans le style brésilien, un short et des tongs ? »
Ils continuèrent leur recherche jusqu'à midi sans résultat. Alice les invita à manger dans un restaurant qu'elle connaissait. À table, ils se mirent à parler du beast. Mika démarra la conversation :
« Alice, est-ce tu l'avais vu auparavant ?
- ... Non, jamais.
- Il ne te dit rien ? Pourtant, il ne peut être qu'un des enfants qui était avec vous. Et toi, Uriko ? Tu le connais ?
- Non. »
Ils se mirent à songer. Qu'est-ce que cela pouvait bien dire ? Mika se leva de table sans regarder les autres. Les deux jeunes filles le regardèrent quand Mika ajouta :
« Je vais prendre l'air. »
Il s'éloigna de la table et sortit. Uriko et Alice continuèrent de le regarder, tristement. Uriko demanda à Alice :
« Tu crois que si on lui propose autre chose à manger, il va revenir à table ?
- Franchement, quand tu vois son assiette encore à moitié pleine, tu te dis que ça serai du gâchis d'en redemander pour lui.
- Oui, tu as raison. Mais à mon avis, on ferait mieux de rentrer...
- Et le dessert ?
- Quoi « le dessert » ?
- Garçon, s'il vous plait ! Le dessert ! »
Deux serveurs apportèrent un grand plateau contenant une glace immense qu'ils posèrent sur la table. Alice se frotta les mains en se léchant les babines. Elle dit :
« Merci ! HI HI ! Mero mero mero !... Ben alors ? Tu manges pas ?
- Euh... »
Elle en tomba par terre en voyant qu'Alice n'avait pas changé en 4 ans : Elle aimait toujours autant les glaces !
Mika, de son côté, s'installa dans une allée sombre pour réfléchir quand il entendit une annonce à la radio venant d'une boutique :
« Un homme d'une vingtaine d'années avec une coupe iroquoise vient d'être arrêté par les forces de polices pour avoir gravement attaqué un homme en pleine rue. Le jeune homme est en ce moment en garde à vue dans le commissariat de Kawasaki, au sud de Tôkyô... »
Mika courut jusque dans le restaurant et stoppa sa course devant les deux jeunes filles en annonçant :
« J'ai trouvé notre homme !
- Où ça ? demanda Uriko
- Il est en garde à vue à Kawasaki !
- C'est que ça fait une trotte jusque là-bas... dit Uriko d'un ton moqueur
- J'veux rien savoir. On y va et puis c'est tout !
- Rilax, souffla Uriko, il ne va pas s'envoler...
- On ne sait jamais, je préfère qu'on parte tout de suite, c'est plus sûr. »
Elles acquiescèrent et suivirent Mika jusqu'à la sortie. Mika pensa, énervé :
« J'vais faire morfler ce salopard... »
Chapitre 10 : Busuzima the Cameleon
La route fut longue pour Mika, Uriko et Alice mais ils finirent néanmoins à arriver dans la ville de Kawasaki. Ils cherchèrent le commissariat dans toute la ville durant un bon moment quand ils finirent par le trouver. Mika freina brusquement devant le commissariat et sortit rapidement de la voiture en laissant les deux jeunes filles à la traîne. Il ouvrit violemment la porte et se précipita sur un policier pour obtenir un renseignement. Alice et Uriko arrivaient tout juste dans le hall, que Mika vint leur annoncer :
« Il se trouve à l'étage et on a la possibilité de le voir 30 minutes. Mais ça suffira largement...
- Qu'est-ce qui vous prend ? Vous êtes différent... Je ne vous reconnais pas... »
Il ne répondit pas et entama les escaliers. Alice le suivait en l'appelant mais Uriko, elle, resta au pied des escaliers en réfléchissant. Mais elle releva la tête puis courut dans les escaliers.
Arrivé en haut, elle aperçut Alice qui attendait devant la porte. Elle s'approcha d'Alice en lui demandant :
« Où est M.Ryuuta ?
- Il est à l'intérieur en train de questionner le Caméléon. »
Uriko s'approcha de la porte pour écouter ce qu'il se disait et Alice fit de même.
Le Caméléon affirma la question que se posait Mika :
« Je faisais bien partie du groupe d'enfants qui vivaient dans le manoir. Je m'appelle... Busuzima ! »
Uriko et Alice, qui avaient tout entendu, se mirent à comprendre et dirent :
« Busuzima... c'est le garçon qui a tenté de... murmura lentement Alice.
- Oui... affirma Uriko de la même façon. C'est bien lui... »
Alice se précipita à l'intérieur en criant :
« Busuzima ! »
Busuzima se retourna vers Alice qui avait le souffle coupé. Il murmura :
« Alice ? C'est bien toi ? »
Elle se mit à pleurer et sauta dans les bras de Busuzima. Elle dit :
« Je te remercie d'avoir... tenté de sauver mon frère...
- ... Mais je n'ai pas réussi à le raisonner... »
Il se remit à penser au moment où Yukito a voulu se sacrifier :
« Je vais vous faire sortir de cet enfer, ajouta Yukito, je passe devant, vous fuirez ensuite.
- T'es fou ?! Tu te feras prendre avant même d'avoir pu nous sauver ! répliqua Busuzima. Ne tente pas l'impossible !
- Je ne tente pas l'impossible, dit-il en souriant, je tente la chance. »
Busuzima dit à Alice :
« Je n'ai même pas réussi à l'en empêcher alors que c'était mon meilleur ami... mais, autrefois, je lui ai fait la promesse de veiller sur toi comme un vrai grand frère si jamais il lui arrivait quelque chose. Alors, je tiendrai ma promesse.
- ... Grand frère... »
Elle se mit à sangloter dans les bras de Busuzima. Soudain, on entendit des motos rouler à grande vitesse : Ils semblaient venir dans la rue du commissariat. Busuzima murmura :
« Pas maintenant...
- Qu'est-ce que tu dis ? se demanda Alice.
- Pardonne-moi... »
D'une grande rapidité, il frappa Alice au ventre : Elle s'écroula devant ses yeux. Les autres furent surpris de son acte et se précipitèrent vers elle tandis que Busuzima tentait de s'enfuir par la fenêtre. Quand celui-ci s'apprêta à sauter, Alice, qui se faisait aider à se relever par Mika, se mit à crier :
« Busuzima !
- Ne t'en fait pas, on se retrouvera... »
Il sauta et atterrit sur l'une des motos. Les motos redémarrèrent et disparurent dans la ville. Alice se pencha à la fenêtre en pensant :
« Oui... On se retrouvera... »
Chapitre 11 : La bande de Yugo
Alice, Uriko et Mika ont quitté le commissariat et ont prit une chambre à l'hôtel. Alice a décidé de payer le séjour pour retrouver Busuzima. Uriko décida de sortir un moment en prévenant Mika :
« J'ai besoin de prendre l'air. Je peux sortir ?
- Oui, mais à condition qu'Alice vienne avec toi.
- Et pourquoi ? Je peux très bien y aller seule ! s'emporta Uriko.
- Pourquoi t'énerves-tu ? Où est le mal dans tout ça ?
- Vous ne me laissez jamais tranquille ! Pourquoi agissez-vous comme ça ? »
Il s'approcha lentement d'Uriko, lui prit sa main et dit doucement :
« Parce que je m'inquiète pour toi... »
Uriko était rouge. Elle fixa Mika dans les yeux un moment puis elle ferma les yeux pour retrouver ses esprits et dit :
« Pardon... Mais il faut que je sorte... seule... »
Elle retira sa main de celle de Mika et sortit de la chambre. Elle croisa Alice dans le couloir mais ne fit pas attention à elle. Alice alla voir Mika dans sa chambre et demanda :
« Qu'est-ce qu'elle a ?
- Rien, répondit Mika.
- Vous voulez que j'aille avec elle ?
- Non, c'est bon. Elle a besoin de réfléchir... »
Uriko sortit en courant de l'hôtel. Elle s'arrêta, essoufflée. Elle se releva et posa sa main sur son c½ur. Elle rougit et pensa :
« J'ai le c½ur qui bat la chamade et ce n'est pas ma course qui en est responsable. Pourquoi M.Ryuuta me voit plus qu'une simple fille qui a besoin d'aide pour retrouver les autres beast ? »
Elle repensa à Hiro et dit :
« C'est Hiro que j'aime et personne d'autre ! »
Elle s'éloigna dans la ville, à la recherche d'un endroit où elle pourra rester seule.
Dans un parc désaffecté, les motards se retrouvent. Busuzima descend d'une des motos avec le conducteur. Les autres descendirent à leur tour de leurs motos. Busuzima se mit à dire avec une forte intonation :
« Vous êtes venus trop tôt ! J'avais encore un truc à régler !
- Et quoi donc ? »
Un homme, qui était encore sur sa moto, retira son casque. Il s'avança vers lui, avec un sourire mesquin. L'un des motards parla doucement en le regardant passer à côté de lui :
« Patron... »
Le leader du groupe s'arrêta devant Busuzima. Il le fixa et dit :
« Vas-y, dis-moi pourquoi tu voulais rester plus longtemps alors qu'on arrivait juste à temps ?
- J'ai rencontré quelqu'un, une personne que je connais bien...
- Tu aurais préféré rester avec cette personne un peu plus longtemps et mourir sous ses yeux ? dit le leader en haussant la voix.
- Pourquoi dis-tu ça ? » demanda Busuzima avec un air sérieux.
Le leader grogna et cria :
« N'avais-tu pas remarqué que Kira savait que tu étais là et s'apprêtait à venir te tuer ?! »
Busuzima resta figé et baissa la tête. Le leader reprit son calme. Soudain, quelqu'un arriva à moto. Le leader se retourna et retrouva son sourire mesquin. Quand la moto se mit à ralentir en plein milieu de la bande, il dit :
« Jenny... Ça fait un bail, je me demandais où tu étais passée.
- Mais oui, bien sûr.
- Mais mon c½ur, c'est la vérité...
- Arrêtes de m'appeler “mon c½ur”.
- N'hérisses pas le poil ! C'est juste un petit nom affectif ! dit-il en souriant.
- Vas te faire foutre. »
Il resta de marbre tandis que les autres se marraient. Elle partit sans se retourner, le leader se retourna, énervé, et hurla :
« Qu'est-ce que vous attendez ? Dégagez ! »
Tous s'arrêtèrent et courraient vers leurs motos. Busuzima et le leader n'étaient pas partis et Jenny les espionnait. Busuzima prit la parole :
« Dis, Yugo... ?
- Quoi... ?
- Tu ne m'as même pas demandé qui était les personnes que j'ai vu.
- Aucun intérêt.
- Ah ouais ? Même si je te dis que ce sont des Beast ?
- Ah bon ?
- Oui, il s'agissait d'Alice et d'une autre fille habillée avec une tunique bleue.
- C'est bien ce que je dis, aucun intérêt.
- Comment ça, “aucun intérêt” ?
- Parce que ce ne sont que des filles. »
Jenny, qui avait tout entendu, fut outrée en entendant ces propos sexistes venant de la bouche de Yugo. Elle s'approcha de lui, furieuse. Yugo lui dit en la voyant :
« Mon c½ur ! Tu es de retour ?... »
Jenny se plaça devant lui et le gifla. Elle lui dit, toujours énervée :
« Et moi alors ? Je ne suis pas une fille ?! Comment oses-tu dire une chose pareille ?
- Ce n'est pas ce que je voulais dire ! Toi, tu es une exception. Je t'aime. »
Elle repartit, toujours aussi furieuse. Yugo et Busuzima n'avaient plus rien à se dire et finirent par se séparer. Sur le chemin, Yugo se mit à penser :
« Jenny... Ça fait longtemps que j'essaye de lui faire oublier ce qui s'est passé il y a longtemps. Pourtant, elle ne sourit plus... À moins qu'il y ait quelque chose d'autre qui la perturbe ? »
Bonus 1 : Mon c½ur brûle toujours pour toi
Uriko a fini par vouloir rentrer à l'hôtel. Elle continua à penser à Hiro : Le jour où ils ont été séparé et son fameux rêve où elle se revoit, embrassant Hiro dans la chambre, sur le lit. Elle se mit à rougir en sentant encore ses bras protecteur autour d'elle. Elle s'enlaça elle-même en souriant et en murmurant :
« Hiro... Où est-tu ? »
Chapitre 12 : Un c½ur partagé
Uriko arriva à l'hôtel. Là, Alice parlait avec Mika. Quand ils s'aperçurent de la présence d'Uriko, ils se dépêchèrent d'aller la voir pour leur annoncer quelque chose :
« Uriko, tu as eu la visite de quelqu'un ! dit Alice, surexcitée.
- Et c'était qui, cette personne ?
- On ne sait pas, dit Mika en s'approchant d'Uriko. Elle n'a pas voulu donner son nom mais c'était une jeune femme à peine plus âgée que toi. Elle t'a laissé un message.
- Un message ?
- Oui... “Rendez-vous demain, à minuit, près de l'Eglise” » déclara Mika, d'un ton froid.
Ils restèrent silencieux un petit moment, mais Uriko finit par déclarer :
« J'irai. Je sens que j'apprendrai beaucoup de choses, demain... »
Le lendemain, justement, Uriko et Alice en ont profité pour faire les boutiques. Mika, lui, est resté à l'hôtel en espérant revoir la jeune femme qui est venue dans la seule intention de voir Uriko. Il commença à se faire du souci pour elle, il se demandait s'il était bon de la laisser y aller, seule, à minuit. Il se demandait aussi qui était cette jeune femme...
Uriko et Alice allaient toujours de boutique en boutique. Alice essayait toutes les tenues qui lui passait sous les yeux. Pendant qu'elle se déshabillait dans une cabine, Uriko, qui était juste à côté, en profita pour lui demander avant qu'elle n'oublie :
« Dis-moi, Alice ?
- Hmmm ?
- À quoi elle ressemble la jeune femme qui voulait me voir ?
- Voyons... Elle est blonde, avec une sorte de coupe au carré très courte, une robe en cuir rouge très courte et très moulante qui ne couvre qu'à moitié sa poitrine et des bottes en cuir noires. »
Uriko songea longuement. Elle avait un regard sérieux quand soudain, elle se mit à repenser à la jeune femme qu'elle devait affronter lors du tournoi. Elle se leva brutalement, ce qui surprit Alice. Elle demanda à Uriko :
« Quoi ? Qu'est-ce qui y'a ?
- ... Cette fille... C'est celle que j'ai rencontré au tournoi !
- Tu en es sure ?
- Oui ! Elle était comme tu l'as décris ! Blonde avec une coupe carrée assez courte !... Mais le pire dans tout ça, c'est que je ne sais même pas ce qu'elle me veut... Dans les vestiaires, elle m'a dit : « On se retrouvera sur la surface de combat. Et là, je te ferai payer... ». Je ne sais pas pourquoi elle m'en veut autant, je ne la connais même pas !... »
Alice était surprise en voyant qu'Uriko avait changé d'expression. Elle se remit à réfléchir. En même temps, elle murmura à Alice :
« ... À moins... que ce soit une fille qui vivait avec nous...
- Oui ! Tu as sûrement raison ! Mais si c'est le cas, qui ça peut bien être ? »
Elle restèrent silencieuses. Mika, dans son coin, réfléchissait toujours à la situation : Serait-ce prudent d'aller à un rendez-vous alors qu'on ne connaît pas la personne ?
L'heure du rendez-vous approche. Uriko se sent prête à découvrir qui se cache derrière cette femme, Alice semble réfléchir et Mika a comme un mauvais pressentiment... Le décompte commence...
Il est déjà 11h30. Alice s'arrêta de réfléchir subitement et alla voir Uriko. Elle se dépêcha de lui dire :
« J'avais complètement oublié ! La jeune femme a laissé son nom aussi !
- Ah bon ? Comment elle s'appelle ?
- Jenny.
- ... Non... Ça me dit rien...
- Moi non plus. On doit se tromper. Tu as dû la rencontrer ailleurs.
- Justement non, c'est ça le plus bizarre !... Bon, de toute façon, je lui demanderai en personne. »
Alice se mit à bailler et s'étira en même temps. Elle se retourna et dit en s'éloignant :
« Bon, moi, je vais me coucher. On se voit demain. »
Elle pénétra dans sa chambre et referma soigneusement la porte derrière elle. Uriko examina l'horloge. Déjà 11h45. Son c½ur se mit à battre très fort. Est-ce de la peur ? Non. Elle est pressée que la cloche de l'église retentisse douze fois jusqu'à ce qu'elle arrive jusqu'à elle. Uriko sursauta en sentant une main se poser sur son épaule droite. Elle retourna et vit que Mika la regardait avec sérieux. Il lui dit :
« Tu ne devrais pas y aller seule. Cette fille semble malhonnête. En tout cas, c'est ce qu'elle faisait transparaître.
- J'ai déjà pris ma décision. J'irai seule pour lui parler, pour comprendre enfin ce qu'elle me veut. »
Mika haussa le ton :
« C'est un piège qu'elle te tend ! Et tu vas tomber en plein dedans !
- Peu importe ! C'est le choix que j'ai fait et je n'y reviendrai pas !
- Je tiens à toi et je vais me sentir responsable de ce qui va t'arriver si je te laisse faire ! »
Uriko se redressa et son visage devint rouge. Il s'éloigna pour rentrer dans sa chambre. Il ouvra la porte mais avant de rentrer, il dit à Uriko :
« Je suis très sérieux. S'il t'arrivait quelque chose, je ne me le pardonnerai jamais. Mais si c'est ton choix, soit. Mais je ne t'abandonnerai pas dans les bras de l'ennemi... »
Il rentra dans sa chambre et ferma la porte. Uriko resta figée. Est-ce qu'elle a rêvé ou bien il tentait de lui faire comprendre ce qu'il ressentait à son égard ? Malheureusement, elle n'eut pas le temps d'y penser car la cloche de l'église sonna Minuit. Elle serra les poings et partit en courant vers la sortie mais, quand elle eut franchi le seuil, un sentiment de regret l'envahit : A-t-elle fait le bon choix ? Ne devrait-elle pas changer d'avis ? Elle ne pouvait plus revenir en arrière : Elle sortit en courant de l'immeuble. Mika l'observait de la fenêtre de sa chambre, ses doigts posés délicatement sur la vitre, le regard doux et inquiet. Il dit à voix basse :
« Uriko... »
Le c½ur serré, Uriko arriva devant l'église. Elle ne vit personne à l'entrée quand elle entendit :
« Te voilà enfin, Uriko... Cela fait si longtemps que j'attend ce moment... »
Elle leva les yeux et vit une silhouette sur toit du clocher, devant une immense et splendide pleine lune.
« Mais qui es-tu au juste ? Je ne t'ai jamais vu !
- Evidemment, tu ne me vois pas. »
La femme sauta dans le vide, en direction d'Uriko. Elle se rapprocha lentement, dévoilée peu à peu par la clarté de la Lune.
« Ose me dire à présent que tu ne me reconnaît pas ! »
A ces mots, la Lune l'éclaira parfaitement. Uriko dit, d'un ton très surpris :
« Oui... ! Tu es bien la jeune femme que je devais affronter lors du championnat ! Je ne t'ai jamais vu, autrement. Pourquoi voulais-tu me voir ? Qu'est-ce que je t'ai fait pour que tu m'en veuilles autant ?
- ... Ce que tu m'as fait... ? murmura Jenny. Tu oses me le demander ? Très bien, je vais te rafraîchir la mémoire... Tu m'as volé la chose qui m'était la plus précieuse à mes yeux... TU M'AS VOLÉ LA PERSONNE QUE J'AIMAIS LE PLUS AU MONDE ! »
Tétanisée par le discours de Jenny, Uriko fut frappée par Jenny qui en profita. Uriko retrouva aussitôt ses esprits, elle se redressa et demanda :
« De qui parles-tu ? Je ne comprends pas...
- Tu le fais exprès ? Ne te souviens-tu pas d'une fille solitaire parce que timide, toujours triste, laissée à son triste sort ? Personne ne prêtait attention à elle, mais, elle, elle aimait un garçon. Seulement, elle a compris bien trop tard que ce garçon en aimait une autre et que cet amour était réciproque. Elle se sentit désemparée, mais elle ne pouvait rien faire. Elle attendit qu'un miracle se produise, et un jour, les deux furent séparés à jamais... »
Des larmes coulèrent le long de ses joues. Elle finit par dire :
« Seulement je ne l'ai jamais retrouvé... JE N'AI JAMAIS RETROUVÉ HIRO !!!
- ... Clara...
- ... Hein ? »
Uriko redressa la tête. Elle fronça les sourcils :
« C'est bien toi, Clara ?
- ... Ha ! Je vois que quelqu'un se souvient encore de moi...
- ... Comme ça... Tu aimais Hiro... Depuis tout ce temps... Pourquoi ne lui as-tu rien dit ? Pourquoi es-tu resté dans ton coin sans lui dire à quel point tu l'aimais ? Tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même.
- TAIS-TOI ! Tu ne comprends pas ce que je ressens !
- Bien sûr que si. Moi aussi je suis séparée de lui.
- C'est bien ce que je dis, tu ne comprends pas... Toi, tu as eu la chance d'être aimée ! Moi pas ! Tout le monde t'aimais ! Et moi, on m'ignorait ! »
Uriko ressentit de la pitié à son égard. Elle se sentit triste. Mais elle eut le courage de lui dire :
« Peut-être que quelqu'un t'aimait en cachette tandis que tu t'apitoyais sur ton sort.
- Bien sûr que non ! Sinon, on me l'aurait dit !
- Et toi alors ? Tu croyais peut-être que Hiro savait que tu avais un faible pour lui ? Réfléchis à tout ça !
- ... Ah... »
Elle resta muette un court instant puis dit à Uriko :
« En revenant à Hiro, j'avais l'intention de le lui dire à la Saint Valentin mais, manque de bol, on nous a séparé les uns des autres. La moitié s'est fait descendre. Pourquoi est-il mort la veille de la Saint Valentin ? Si j'avais su que sa vie devait se terminer de cette manière, j'aurais aimé avoir le courage de le lui dire... »
Uriko écarquilla les yeux :
« ... Qu'est-ce... Qu'est-ce que tu viens de dire... ?
- Quoi ?! Tu ne sais pas que... »
Une ombre surgit derrière Uriko. Dans le dernier pas qu'il fit, il mit toute sa force pour montrer sa présence. Uriko sursauta et retourna tandis que Jenny, ou plutôt Clara, fronçait les sourcils : Yugo l'avait retrouvé. Clara lui adressa la parole d'un ton agacé :
« Qu'est-ce que tu es venu faire là ?
- Je trouvais ton comportement très bizarre aujourd'hui... »
Il remarqua la présence d'Uriko. Il murmura en la regardant :
« Tu es... Mais oui. Malgré cette longue tresse, on peut te reconnaître... Uriko... »
Uriko, surprise, se retourna vers Clara qui répondit à la question que se posait intérieurement Uriko :
« C'est Yugo. Rappelle-toi, il se prenait pour le leader quand nous étions encore au manoir, à couler des jours heureux... »
Uriko se posait une autre question : En quoi pouvaient-ils bien se transformer ? Elle ne tarda pas à connaître la réponse car Clara se métamorphosa pour attaquer soudainement Yugo. Yugo esquiva de justesse et fixa la bête qui se dressait devant lui : Elle avait l'apparence d'une chauve-souris.
« Alors, c'est comme ça ? dit Yugo à voix basse, un sourire au lèvre. Dans ce cas, tu ne me laisse pas le choix. »
Yugo se transforma à son tour. Lorsque que la phase de métamorphose prit fin, il poussa un hurlement : Il devint un loup enragé. Uriko s'écarta pour les laisser s'affronter. Que va-t-il faire ? A-t-il l'intention de la tuer ? Si le combat tourne ainsi, elle n'hésitera pas à secourir Clara...
Chapitre 13 : Déclaration 1ère partie
Alice se réveilla soudainement en pleine nuit. Elle se tourna vers le réveil : 1h21. Elle se leva, arrangea sa petite chemise de nuit et fila dans le couloir. Elle s'approcha doucement de la porte de la chambre d'Uriko, entrouvrit la porte et fut surprise d'y trouver un lit vide. Elle ouvrit la porte de la chambre de M.Ryuuta et cria, paniquée :
« M.Ryuuta ! »
Il se réveilla en sursaut et fixa Alice. Elle lui dit :
« C'est Uriko... Elle n'est toujours pas rentrée ! »
- Quoi ? Mais quelle heure est-il ?
- Un peu plus d'1h20 ! »
Mika se leva rapidement et se rhabilla en vitesse. Alice, aux anges, pensait :
« Whaou ! Je rêve ? Je viens de voir M.Ryuuta torse-nu ! Qu'est-ce qu'il est beau ! »
Alice sortit rapidement de ses pensées en voyant M.Ryuuta partir. Ils discutèrent tout en descendant les marches qui les conduisaient à la sortie :
« Vous croyez... qu'il lui ait arrivé quelque chose... ? demanda Alice, inquiète.
- Je ne sais pas... Mais si c'est le cas, je ne sais pas si j'arriverais à le supporter... Parce que... annonça M.Ryuuta.
- Oh... M.Ryuuta... »
Sans s'en rendre compte, il a avoué tout haut devant Alice qu'il était amoureux d'Uriko. Alice pensa à Uriko :
« Si tu étais là... Si tu étais là, je suis sûre que tu ferais plus attention à lui et ses sentiments. »
Uriko regardait le combat acharné entre Yugo et Jenny. Les deux Beast s'affrontaient sauvagement, sans pitié. Elle n'intervenait pas car elle sentait que l'intention de Yugo n'était pas de la tuer mais de lui faire ouvrir les yeux, ses yeux qui ont été aveugles jusqu'ici. Jenny était très agile et esquivait les coups avec souplesse. Yugo chargea mais, arrêté d'un coup de griffes acérées, il fut propulsé dans le décor. Uriko, paniqué, s'approcha en courant vers Yugo en hurlant son nom mais Jenny lui barra la route. Elle s'avança vers Uriko qui reculait, tout en lui disant :
« Nous pouvons enfin reprendre où nous en étions... Je vais te tuer pour avoir gâché ma vie, pour m'avoir pris la seule personne que j'aimais. J'espère simplement que, là où je t'enverrai, tu ne rejoindra jamais Hiro ! »
Jenny s'apprêta à mordre Uriko quand celle-ci cria :
« NON !!!!!! »
Elle se métamorphosa en Beast, envahit par le chagrin. Elle voulut attaquer Jenny comme elle l'a fait sur M.Maera. Seulement... Ce n'est pas Jenny qui reçut son attaque fatale... Mais Yugo qui s'est interposé pour protéger Jenny. Le sang se mit à couler sur les pattes d'Uriko qui avait toujours ses griffes plantées dans le ventre de Yugo. Jenny resta de marbre en voyant Yugo, devant elle. Elle se mit à penser :
« Yugo s'est sacrifié... Pour me sauver ?... Mais... Pourquoi ? »
Soudain, Yugo attrapa Uriko par les bras et les lui retira de son ventre. Il tomba à terre et se retransforma, inconscient. Jenny s'accroupit rapidement à côté de Yugo en tentant de le réveiller. Uriko resta figée, tremblante. Elle regarda ses pattes tremblantes, pleines de sang comme quand elle a tué M.Maera. Elle eut soudain les jambes coupées et se mit à pleurer à chaudes larmes, son visage dans ses pattes sanglantes.
Au même moment, M.Ryuuta et Alice arrivaient devant l'église. Alice montra du doigt des silhouettes en disant :
« Ils sont là ! »
M.Ryyuta se dépêcha de voir les Beast quand il s'arrêta net en voyant ce spectacle : Un Beast inconscient, soutenu par la jeune femme qui a demandé de voir Uriko. Il regarda vers la gauche et vit Uriko, à terre. Il courut vers elle, en criant son nom. Il s'accroupit à côté d'elle, posa sa main sur son épaule et lui demanda :
« Que s'est-il passé ? »
Uriko se tourna vers M.Ryuuta, les larmes qui coulaient sur ses joues rouges. Il dit doucement, en la regardant dans les yeux :
« Mais... Tu pleures... ? »
Uriko se remit à pleurer et sauta dans les bras de M.Ryuuta en disant :
« Je vous demande pardon... Je ne voulais pas... C'était un accident !... Comme pour M.Maera...
- Tu veux dire que tu l'as... »
Alice dit en regardant les pattes d'Uriko :
« Uriko... Tes pattes... »
M.Ryuuta regarda les pattes pleines de sang, posées sur ses épaules. Il regarda ensuite Yugo, inconscient sur le sol, se vidant de son sang. Il murmura à lui-même :
« Il n'est peut-être pas trop tard, on peut peut-être encore le sauver... »
Alice se précipita vers Yugo pour penser la blessure avant qu'il ne perde tout son sang. Uriko qui avait tout entendu cessa peu à peu de pleurer. M.Ryuuta lui prit ses pattes tremblantes et les maintenaient au chauds dans ses mains, contre son ventre. Il lui dit :
« Calme-toi, c'est fini. Alice s'occupe de lui, ensuite, on le conduira à l'hôpital. Mais toi, tu dois te reposer... »
Uriko se retransforma et, envahit par le sommeil, elle tomba dans les bras M.Ryuuta. Il la serra très fort dans ses bras et, sa joue gauche effleurant la joue droite d'Uriko, il murmura :
« ... Je t'aime... »